J’aime la nudité pour ce qu’elle permet : le respect, l’égalité et la beauté. Le corps humain qui nous définit est une machine complexe trop souvent jugée et caché. Toutefois, si nous apprenions à l’accepter tel qu’il est, nous serions en mesure de le voir comme un amalgame de sens et de l’érotiser au lieu de le pornographiser. Notre corps est marqué de notre histoire, avec ses cicatrices et ses vergetures. Il est si beau, qu’il me prend à rêver d’un monde complètement nu, sans artifices, ni mensonges, ni jugement. (Deuxième partie de deux)

Marqué

N’oubliez pas aussi que les marques sur votre corps sont le résultat de votre histoire. Les cicatrices sont des souvenirs corporels tangibles de votre passé. Elles sont les vestiges de tous vos apprentissages, souvent douloureux. Elles racontent votre histoire personnelle gravée sur votre peau. Sans ces marques, cette histoire qui ne serait qu’une simple légende improuvable. Jusqu’à votre mort, ces cicatrices vous rappelleront que vous avez vécu, appris ou survécu.

Également, vos vergetures ventrales sont une empreinte du plus beau cadeau que la vie vous ait faite : enfanter. Le temps passé à fixer les lignes sur votre ventre devraient être passé à admirer vos enfants car ils sont la raison de leurs présences. À l’extrémité de vos seins tombants, vos mamelons crevassés vous ont permis de créer un lien d’amour inconditionnel avec votre progéniture. Et vos cheveux gris incarnent votre sagesse et vous méritent le respect des autres. Chacune de ces marques sont des chapitres d’une biographie que vous n’oserez jamais écrire. Elles doivent faire partie de votre acceptation à la vie passée et présente.

Appris

Ne vous méprenez pas, je ne prêche pas par l’exemple. Moi aussi je subis la pression de la société et le jugement des autres. Je développe toutefois une résistance de plus en plus grande qui me permet d’accepter mon corps tel qu’il est, unique. Cette acceptation m’a empêché de m’entrainer pour sculpter mon corps, mais pour mieux vivre plus longtemps. Elle m’a permis de mieux manger au lieu de me gaver de cochonneries. Elle fait rayonner ma confiance en moi, et m’encourage à embellir celle des autres.

J’ai maintenant dans ma garde-robe que quelques morceaux de vêtements, plus utiles que beaux, plus confortables que marqués. J’accepte de me promener en « chest » devant les autres (mais pas au centre commercial, ça c’est non! Pour tout le monde!). Je ne me sens pas insulté lorsque je compare mon teins à celui des autres; je me dis que je préfère être blanc que d’avoir le cancer de la peau. Je trouve mon poil généralisé plutôt réconfortant et mon nez disproportionnel me donne une faculté olfactive du tonnerre, autant pour me rappeler un souvenir passé grâce à une odeur que pour esquiver un nuage de pet.

Rêvé

Des fois, je me mets à rêver que plus personne ne porte de vêtement (pas dans un sens pornographique s’il-vous-plait). Je m’imagine que la gêne serait extrêmement accablante au début, mais comme tout le monde serait nu, nous nous y habituerions tous assez vite et diminuerions tranquillement les réflexes de se cacher. Dans les premiers jours, nous laisserions dissiper les désirs érotiques et les érections involontaires. Nous diminuerons tranquillement nos jugements dans les premières semaines. Et, le temps de le dire, nous apprécierions la personne devant nous pour ce qu’elle est réellement, pas pour ce qu’elle veut faire paraitre, dans toute sa vulnérabilité naturelle. Bon, ça ne serait peut-être pas chaud pour les grelots, mais ça laisserait tomber les préjugés de premières impressions et ça ne nous ferait pas de tord de temps en temps au Québec.