Sommaire de ma Tanzanie (Photos et vidéos)

La Tanzanie se résume littéralement comme une aventure dans mon aventure. Un pays rempli d’oppositions pour moi : audace-peur, joie-tristesse, volupté-douleur, réflexion-étourderie, calme-irritant. J’ai relevé le défi de parcourir le pays en moto, mais j’ai surtout accompli le rêve le plus important de mon voyage : visiter le camp de réfugié(e)s de Nyarugusu.

Achat d’une moto à Mbeya

Dès le premier matin, j’ai eu la chance de tomber sur Wilson qui a un petit commerce de nourriture tout près de mon hôtel. Il a accepté généreusement de m’aider à acheter une moto. Pendant les quatre jours passés ensemble, il m’a trouvé des choix de modèles usagés, après plusieurs tentatives infructueuses m’a amené chez un vendeur de véhicules neufs, a soudoyé le ministère du Revenu de me fournir un numéro TIN, m’a permis d’avoir les papiers du véhicule à mon nom et m’a guidé partout en ville pour mes divers achats. Nous y avons littéralement passé toutes nos journées. Le dimanche, il m’a amené voir sa femme qui venait d’accoucher à l’hôpital, m’a fait visiter sa maison, m’a présenté à sa famille et nous sommes allés à la messe ensemble. Nous avons eu de magnifiques discussions et nous avons développé une véritable amitié authentique. Il a été mon ange gardien de la Tanzanie et je lui ai inspiré le nom de son premier né : Francis!

J’en ai également profité pour visiter la plantation de café d’Utengule. J’ai aussi passé une longue journée à parcourir la brousse de Chimala à analyser la roche avec un groupe d’étudiants en géologie.

Chez les moines à Sumbawanga

Après deux jours de route, j’ai rencontré un moine à Sumbawanga qui m’a invité à venir passer quelques jours dans leur monastère à 65 km de là, dans la brousse. Au-delà des routines religieuses et des prières fréquentes, j’y ai passé un très bon moment à relaxer. J’ai aussi eu la chance de visiter une tribu Sukuma non loin de là. Ses habitants m’ont fait boire du lait fermenté et m’ont offert des œufs et un poulet vivant comme cadeaux de bienvenue. J’ai rapporté les deux présents au monastère et nous avons eu un véritable festin le soir même.

Parc national de Katavi

Camp de réfugié(e)s de Nyarugusu

Avant de me rendre au camp, il fallait que je traverse la région la plus aride de la Tanzanie avec ses routes dangereuses, sa terre rouge et sa poussière. Kasulu, la ville la plus près du camp, m’a permis de faire quelques réparations sur ma moto et de me préparer pour ma visite de Nyarugusu.

Voir mon partage sur cette rencontre qui allait boucler la boucle et me faire saisir le sens d’une grande partie de mon aventure.

Début de la fin à Mwanza

Comme ma décision de revenir au Québec avant d’être professeur-directeur pour Stepping Stones était prise, je devais donc vendre ma moto à Mwanza avant de reprendre du retour au Malawi. Après encore beaucoup trop de routes terrifiantes, mais aussi d’éblouissants paysages, j’ai revu un ami que j’avais rencontré sur le bateau Ilala au Malawi deux mois avant, qui m’a aidé à vendre ma moto à Mwanza. Une de ses amies m’a aussi amené faire une petite visite de la ville. Je ne pouvais toutefois pas rester plus longtemps que 3 jours, car j’avais une longue route qui m’attendait pour revenir au Malawi pour prendre mon vol.

Comme les routes directes entre Mwanza et Mbeya sont horribles, on m’a recommandé de prendre le train jusqu’à Dar Es Salam, complètement à l’est du pays, et de revenir vers le Sud-Ouest à l’aide d’un autre train jusqu’à Mbeya (voir ma carte virtuelle). Malheureusement, après 41 heures de train, qui devait en prendre 36 au total, le dernier wagon du train déraille. Nous sommes encore à quatre heures de Dar Es Salam et nous devons attendre les techniciens ferroviaires, ce qui ajoutera un huit heures supplémentaire (si vous faites le total, j’aurais été dans ce train pendant 53 heures). Je choisis donc pour l’option B : prendre un minibus jusqu’à Morogoro et, le lendemain, prendre un bus jusqu’à Mbeya. Là-bas, j’y revois mon bon ami Wilson. Nous avons passé la journée ensemble et j’ai pu revoir son fils Francis.

Ma Tanzanie en chiffre

DatesDeÀDistancesDurées
10 joursMoyenne de 156 km/jours1563 km47h
23 maiMbeyaChimala72 km2h
25 maiChimalaTunduma175 km4h
26 maiTundumaSumbawanga236 km5h
28 maiSumbawangaMonastère de Mvimwa65 km2h
2 juinMonastère de MvimwaMpanda205 km7h
3 juinMpandaCamping sauvage137 km5h
4 juinCamping sauvageKasulu128 km4h
8 juinKasuluMission Keza 175 km
(+30 km car je me suis perdu)
6h
(+1h)
9 juinMission Keza Geita220 km7h
10 juinGeitaMwanza120 km4h

Q & R : Pourquoi tant d’enfants chez les Africaines si jeunes?

Je vois régulièrement de jeunes filles d’environ 15 ans porter un enfant sur leur dos. J’aimerais penser que c’est leur frère ou leur sœur. Malheureusement, il faut me rendre à l’évidence, c’est probablement leur propre enfant; le premier-né je l’espère. Mais aurait-il une explication naïve à ce phénomène de grossesses précoces?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette différence entre elles et nous. Tout d’abord, comme la durée de vie moyenne est de 50 ans chez l’homme africain et de 55 chez la femme, peut-être que moins de 20 ans n’est pas si tôt dans leur cycle de vie. Ensuite, une des valeurs les plus importantes dans la société africaine est la famille et une femme sans enfants est souvent vue comme une sorcière ou comme un échec majeur.

Finalement, imaginez quelques secondes que votre vie soit comme celle de la presque majorité des femmes ici. Que les attentes que la société a de vous soient que vous restiez à la maison, que vous éleviez une famille et, qu’au mieux, vous ayez une petite business de vente de tomates sur le bord de la route. Imaginez que vous ne vous autorisiez même pas à rêver d’une carrière, ni même d’une éducation au-delà du primaire. Imaginez également que, si votre mari est encore avez-vous, et qu’il n’est pas décédé, mais qu’il revient à la maison qu’une fois par mois, et encore. Que la seule affection humaine que vous recevez vienne de lui, même si vous savez très bien qu’il a plusieurs maitresses, sinon prostituées, avec qui s’amuser, et qu’il reste marié avec vous que par pure apparence sociale. Ne souhaiteriez-vous pas, en tant qu’être fondamentalement social avoir des enfants pour créer votre propre groupe social, vos attaches émotionnelles ou votre fierté face à la réussite? Au final, les femmes africaines ont les mêmes besoins que nous : reconnaissances sociales, groupe d’appartenance, réussite, etc. Elles ne font que les combler comme elles le peuvent.

Et pourquoi ont-elles des familles aussi nombreuses? Un peu pour les mêmes raisons. Tout d’abord, avec la malnutrition et les lacunes médicales des pays, le taux de survie des enfants est plus bas. Ajoutez à cela les risques de décès de la malaria, les morts accidentelles fréquentes et la durée de vie réduite chez l’adulte, il se peut qu’elles veuillent seulement augmenter leur chance d’avoir une descendance. Ensuite, si avoir un enfant est symbole de réussite sociale, en avoir plusieurs l’est probablement encore plus. Finalement, plus d’enfants elles auront, plus d’amour et d’affection elles recevront. L’amour, nous en voulons tous et quand on y pense, la majorité de nos actions ont comme buts d’avoir, de recevoir ou de donner plus d’amour.

Famille visitée de la tribu Sukuma

Camp de réfugié(e)s de Nyarugusu

Avant de partir à l’aventure, je me suis préparé pendant plus d’un an, mais je n’ai rien planifié… sauf une seule chose. Un seul incontournable primordial : visiter le camp de réfugié(e)s de Nyarugusu. J’en avais fait la promesse à ma deuxième famille et j’allais tout faire pour tenir ma promesse.

Le rêve

En septembre 2015, j’ai décidé de m’impliquer auprès des familles réfugiées à Sherbrooke. J’ai donc approché l’organisme SAFRIE (Soutien aux familles réfugiées et immigrantes de l’Estrie). Ils m’ont immédiatement attribué la famille André, une famille extraordinaire de cinq enfants, de 5 à 17 ans, arrivée depuis quelques mois au Québec (Jean-Claude, Réhéma, Anserme, Kérémesia et Nadia)

De gauche à droite : Réhéma, Nadia, Jean-Claude, Kérémesia et Anserme)

Bien que mon mandat premier soit d’aider les deux enfants plus vieux dans leurs devoirs, mon implication s’est vite étendue à aider tous les enfants dans une multitude d’aspects de leur intégration : devoirs, achats divers, visites, sorties éducatives, transports, activités plein air et sportives, etc. Pendant un an, je les voyais de deux à trois fois par semaine. Nous nous sommes donc beaucoup attachés tous les six; ils étaient ma deuxième famille… les enfants que je n’ai jamais eus.

Lorsqu’est venu le jour où je devais leur annoncer mon départ de plusieurs mois en Afrique, je savais que ce serait aussi difficile pour eux que pour moi. Pour faciliter le deuil de notre côtoiement, je leur ai fait la promesse que lorsque je serai en Tanzanie, je ferais tout en mon possible pour, au minimum, visiter le camp de réfugiés où ils sont tous et toutes né(e)s : le camp Nyarugusu .

Ce camp, situé à 55 km de Kasulu, tout près de la frontière du Burundi au nord-ouest, est l’un des plus peuplés du monde. Ils comptaient plus de 300 000 réfugiées, principalement en provenance du Congo et du Burundi, avant qu’une grande partie de la population soit transférée séparément dans deux autres nouveaux camps près de Kibondo , plus au Nord. Sans faire de promesses que je ne pourrais peut-être pas tenir, je leur ai confié que j’essayerais de visiter le quartier où ils avaient grandi et de rencontrer leurs amis et voisins encore présents dans le camp.

Entamer son rêve

Dès mon entrée au pays, je me suis procuré une moto pour me permettre de me rendre dans la région de Kigoma où se trouve le camp de Nyarugusu, à plus de 850 km de Mbeya. J’ai affronté les routes les plus difficiles, j’ai mangé la poussière, je me suis perdu, j’ai habité chez les moines catholiques, j’ai communiqué dans une langue quasiment inconnue (le Swahili), j’ai cogné à des portes fermées et j’ai passé proche de la mort dans le parc national de Katavi. J’ai toutefois atteint la ville de Kasulu sain et sauf le 4 juin.

Arrivé à Kasulu, je me suis cherché un hôtel. Pendant mes allées venues dans la ville, j’ai croisé un immense complexe identifié UN (Nations Unies) et je savais qu’ils sont l’un des seuls organismes à administrer le camp. J’ai donc frappé à leur porte les doigts croisés dans le dos. Après avoir raconté mon histoire à trois différentes personnes, on m’a recommandé de revenir le lendemain (nous étions dimanche) où l’on pourrait me rediriger vers les quartiers généraux à quelques kilomètres de là. Me voilà donc à 8 h du matin à la guérite du QG des Nations Unies, à exposer mon rêve aux agents de sécurité, ensuite au chef de la sécurité, à la réception de l’administration, au responsable des visiteurs et finalement au directeur de la coordination.

Ce dernier a ensuite fait des pieds et des mains pour m’ouvrir trois différentes portes. La première fut de transférer mes informations et mon CV au bureau général des Nations Unies à Dar Es-Salaam pour d’éventuelles opportunités de bénévolats. La deuxième fût de m’indiquer la façon de me rendre directement au camp de réfugié(e)s à 55 km de là pour m’adresser au bureau du Ministère des Affaires intérieures et discuter d’une éventuelle visite. La troisième porte, en dernier recourt, fut de m’offrir de faire parvenir directement le cellulaire à la famille anciennement voisine de la famille Andrée. Car la maman m’a remis un peu d’argent avant mon départ et m’a fait promettre d’acheter un téléphone cellulaire en Tanzanie et de le donner à une famille très proche d’eux, qui habite encore le camp, afin qu’ils puissent reprendre contact.

Boucler la boucle

Le matin du 7 juin, j’enfourche donc ma moto en direction du Camp de réfugié(e)s de Nyarugusu. Après 1 h 30 de conduite aveugle à me remplir les poumons de poussière rouge, j’aperçois les dizaines d’enseignes m’indiquant que je suis tout près de mon objectif.

Mon premier obstacle est le barrage de police. Je dois leur raconter mon histoire, leur expliquer qu’on m’a recommandé de me présenter au bureau du ministère des affaires intérieures le plus proche de Kasulu pour rencontrer le directeur et leur proposer d’appeler le directeur de la coordination que j’avais rencontré le jour précédent. Ils finissent par me laisser passer, sous escorte, pour me rendre au bureau du ministère.

À ce moment même, j’ai le pressentiment que ce sera peut-être la première et dernière fois que je pourrai voir le camp. J’arrête donc mon regard sur tout ce que je peux. J’observe tout et assimile beaucoup. De l’école primaire à la clinique médicale, en passant par le marché, les femmes qui transportent leur baril d’eau et les enfants qui courent partout. En fin de compte, c’est comme un n’importe quel village africain d’importance, sauf qu’ici, personne ne peut sortir (ni entrer) du village.

Ce qui attire surtout mon attention, ce sont les centaines d’habitants regroupés aux alentours de trois gros autobus voyageurs. Certains fêtent, d’autres pleurent et presque tous et toutes prennent des photos. La majorité des réfugiés attroupés portent des vêtements neufs et plusieurs arborent l’effigie américaine ou canadienne. C’est alors que je comprends que ces autobus amèneront tous ces réfugié(e)s vers leur nouveau pays d’accueil, après un long périple de paperasse administrative, de vols, de chocs et d’acclimatation. De futurs nouveaux arrivants aux États-Unis (pauvres eux) et au Canada. De nouvelles familles comme la famille André. Des enfants comme ceux que j’avais aidés à s’intégrer. À ce moment précis, je venais de boucler la boucle… Je venais de saisir le sens d’une grande partie de mon aventure.

Accomplir son rêve altéré

Rendu au bureau, je rencontre le directeur du ministère des Affaires intérieures qui, malheureusement, ne peut pas m’autoriser à me rendre plus profondément dans le camp. Il me propose toutefois d’envoyer quelqu’un dans le quartier où la famille André habitait pour ramener les voisins et amis.

Grâce à l’information que m’avaient fournie les enfants, la liste des noms et une photo d’un d’entre eux que j’avais imprimée et trainée avec moi depuis l’Afrique du Sud, j’ai pu, après seulement trois heures d’attentes, faire leur connaissance.

Pendant trois autres heures, je me suis présenté, je leur ai raconté mon histoire, nous avons regardé des photos de la famille André, nous avons pris des photos ensemble et nous avons même appelé la famille André grâce à mon Skype. Je leur ai aussi remis l’argent promis et je les ai avisé(e)s que je ferai parvenir un téléphone cellulaire neuf dès le lendemain. Après des adieux émotifs, j’ai dû les quitter, impuissant de pouvoir faire plus pour eux.

Au final, je n’aurai pas pu m’impliquer dans le camp, ni même voir où habitait la famille André. Cependant, je ne suis pas triste ou amer de cet échec partiel. Je suis plutôt très fier d’avoir bravé la distance et les obstacles pour atteindre cet objectif symbolique de mon aventure.


Le racisme africain

C’est connu, le racisme peut prendre toute sorte de formes. On pense souvent qu’une personne raciste est un blanc qui ne respecte pas l’égalité d’un noir. Toutefois, ici en Afrique, je constate que je suis moi-même victime quotidiennement de racisme.

Une aversion grandissante à l’égard du racisme africain

Dans plusieurs langues africaines, le mot « Musungu » désigne « homme blanc ». Ça peut sembler banal à première vue, mais chaque fois qu’un Africain cri « Musungu » pour m’interpeller dans la rue, ou qu’il utilise le mot dans une conversation avec son encourage, il m’identifie par le simple faire de ma couleur e peau. Et ça, c’est du racisme.

La presque totalité du temps, les hommes m’arrêtent pour me demander de l’argent ou une bourse canadienne pour immigrer/étudier au Canada. Allez savoir pourquoi, les femmes ne m’adressent presque jamais la parole d’elles-mêmes.

Les plus directs diront « Give me money » et répliqueront à mon refus avec « But it’s not a lot for you ». Ils oublient malheureusement que bien que 10 000 shillings tanzaniens ne représentent que six dollars canadiens, et que le salaire minimum du Canada est probablement vingt à cinquante fois plus élevé que celui des Africains, ma bouteille de boisson gazeuse à la maison me coûte quatre fois plus cher, en plus de mon appartement, de ma nourriture, de mes taxes, etc.

Les plus subtiles eux commenceront par tenter de créer un lien entre nous du genre :

  • Hey my friend. How are you? Where are you from?
  • I am from Canada.
  • Oh Canada… Toronto? Vancouver?
  • No! Montreal.
  • Oh yes Montreal. I have a friend living in Montreal.

J’ai déjà fait le test avec Kuujjuaq et il avait aussi un ami qui habitait là-bas.

L’autre jour même, un homme, qui s’est présenté comme le gardien de nuit de l’hôtel où je dormais, est venu me réveiller à 6 h du matin pour me dire que ma moto était en sécurité, qu’il avait terminé son quart et qu’il retournait à la maison. Il n’a toutefois par manqué de souligner que sa famille était malade et qu’il voulait que je lui donner de l’argent.

Parce que je suis blanc, j’ai de l’argent à donner. Parce que je suis blanc, et que je voyage, je suis riche. Parce que je suis blanc, que je voyage et que je porte un gilet sans trou (j’en ai des trous, mais je les répare), je dois croire et financer les dizaines et dizaines d’histoires qu’on me raconte pour soutirer la pitié. Parce que je suis blanc, que je voyage, que je porte un gilet sans trou et que j’ai un sourire avec toutes mes dents, je peux me permettre de donner le peu d’argent que j’ai réussi à économiser pendant deux ans en limitant toutes mes dépenses, en vivant simplement et en vendant tout ce que j’avais comme possession matérielle au Canada. Tous les jours, plusieurs me voient comme un énorme portefeuille. Rares ont été les fois où une personne est venue me parler pour réellement en apprendre plus sur moi et pour, peut-être, développer une amitié.

Le racisme c’est aussi présumer les faits en se basant sur nos préjugés. C’est de s’imaginer tout savoir de l’autre selon son apparence ou sa couleur de peau.

Il faut bien qu’on s’entende, je ne suis pas contre le soutien financier de personnes dans le besoin. Je tiens seulement à soulever le point qu’on ne devrait pas le faire à l’aveugle au premier venu. On devrait choisir notre cause et éviter de le faire aux mendiants, car nous encourageons ce genre de conduite et nuisons au développement de meilleurs comportements tels la créativité, l’initiative ou l’entrepreneuriat. De toute façon, il n’y a rien de plus gratifiant que de créer une relation étroite avec quelqu’un dont nous connaissons la réelle histoire, en qui nous avons confiance et pour qui nous saurons que l’argent sera utilisé pour des ambitions durables.


Adrénaline dans le tapis à Katavi

Mon plan était simple : quitter le monastère de Mvimwa, profiter de ma traversée du parc national de Katavi et me rendre à Mpanda. Une courte distance de 205 km en 6 h 30 qui s’est vite transformée en 9 h de martyres et de panique. Seul au monde, attaqué par les mouches tsé-tsé, enlisé dans les sables mouvants, frappé de plein fouet par les milliers de trous et renversé de ma moto, mon taux d’adrénaline était à son maximum.

Sur papier

Mon objectif de la journée est de quitter le monastère de Mvimwa à 8 h et de me rendre à Mpanda avant la tombée de la nuit. Sur papier, c’est simple. Après la 3e heure de moto, je me rendrai à Kisi, situé juste avant l’entrée du parc national de Katavi, afin de manger un petit quelque chose, de faire le plein d’essence et de reposer mon gros derrière endolori. Ensuite, je traverserai le parc à une vitesse de croisière pour me permettre d’apercevoir la faune locale (girafes, lions, éléphant, hippopotames, gazelles, etc.) et de prendre quelques photos. Je terminerai ensuite ma journée à environ une heure après la sortie du parc national, dans la ville de à Mpanda, exactement à 205 km (environ 6 h 30) de mon point d’origine.

En réalité

Pour une raison que j’ignore, malgré les indications détaillées d’un prêtre du monastère, je suis déjà 1 heure au-delà de la ville de Kisi. Ça fait déjà trois heures que je roule, j’ai le cul en feu, je commence à avoir faim et mon niveau d’essence est déjà très bas (je n’ai toutefois aucun moyen de savoir la quantité exacte restante sauf en me plongeant l’œil dans le trou du réservoir). J’aperçois déjà au loin l’affiche qui me souhaite la bienvenue dans le parc national de Katavi. Faudra donc que j’affronte le parc en affamé, en douleur et en priant.

Je vais quand même me permettre un petit arrêt de quelques minutes sur le bord de la route pour photographier l’affiche « Welcome ». J’ai à peine le temps de sortie mon appareil photo que je suis pris d’assaut par une dizaine de mouches Tsé-Tsé ! Tsé les mouches grosse comme un 25 cents canadien, qui te mordent plusieurs fois en une seconde et qui transmettent la maladie du sommeil. Le nom « tsé-tsé » vient justement de la langue tswana, parlée dans plusieurs pays d’Afrique australe et signifie « mouche qui tue le bétail ». À partir de maintenant, il me sera impossible de même ralentir à moins de 30 km/h si je ne veux pas me lamenter de douleur en répliquant à leurs attaques.

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J’entre donc dans cette région aride, longue de 87 km, pleine d’animaux dangereux et désertée par la majorité des humains. Parce que le plus épeurant ce n’est pas de croiser un éléphant ou un lion, mais bien de ne jamais croiser personne pendant longtemps si un incident survient.

Les différentes surfaces de la route se relayent aux kilomètres. De toute mon inexpérience comme motocycliste (il y a à peine deux semaines, je n’avais jamais conduit de réelles motos de ma vie), je brave la gravelle, la terre battue, la terre non battue, la glaise, les trous, les trous, les trous et le sable. Car le pire c’est le sable. Si vous avez eu la chance de conduire une moto, vous savez donc que la traction arrière, combinée avec le poids des bagages et du conducteur, permet de propulser le cul du véhicule de gauche à droite à perpétuité lorsqu’elle entre en contact avec un sol moelleux comme le sable. L’équilibre précaire du derrière se répercute instantanément sur le devant forçant le conducteur malmené à battre des bras de gauche à droite tel un archet de violon pendant la pièce classique « le vol du bourdon ».

C’est dans de telles circonstances que je prends ma première débarque en moto. Heureusement, je n’’hérite que d’hématomes, de quelques éraflures et d’un beau coup dans l’orgueil. Ma moto aussi ne subit que de légères contusions avec un parechoc crochi. Ce qui m’a toutefois inquiété le plus c’est que le moteur ne voulait plus redémarrer pendant quelques secondes, semblant quelques minutes. Toutes ces minutes sans signe d’un bon samaritain en offrant un festin royal aux mouches dévoreuses d’hommes.

Ma première débarque en moto

Peu importe la surface sur laquelle je roule, il y a des trous… beaucoup de trous. Je valse continuellement entre eux, toujours en évitant de tomber en dessous des 30 km/h. Je réussis à en contourner plusieurs, mais je suis encore meilleur pour les prendre en plein nez. Avant chaque impact, je supplie le seigneur de prévenir un bris mécanique et j’implore mes fessiers colériques de se calmer. Quand je croise exceptionnellement un camion, ou quand il y en a un qui me double, c’est un nuage de poussière et de cailloux (pas le frère de Mousseline là) qui m’est balancé au visage me faisant perdre tout contact avec la réalité routière pendant plusieurs secondes. C’est pendant ces rencontres que j’excelle le plus dans mes embrassades de chaussée béante.

Nul besoin de vous dire que pendant la durée complète du trajet, mon attention est tout yeux tout oreilles sur les 100 mètres devant moi. Il est hors de question de détourner ma concentration vers l’horizon et la faune imaginable. J’ai l’adrénaline dans le tapis, les pupilles dilatées et le cœur qui bat la chamaille. J’atteints finalement la limite nord du parc après cinq heures de calvaire. Je suis épuisé, brun de poussière, en sueur et en larmes. Je m’arrête quelques minutes dans une station-service pour faire le plein (ma moto a littéralement pompée le carburant de la pompe à essence), prends quelques gorgées d’eau, respire un bon coup et continue pour une dernière heure sur une magnifique route asphaltée, vide de bestioles, à 90 km/h, jusqu’à MPanda pour y passer la nuit.

Et la seule chose que j’aurai entrevu qui se rapprochait le plus d’un animal, ce sera un ouvrier de la route barbu qui ruminait au soleil.


Une rencontre qui questionne

C’est pendant une courte marche d’après-midi dans le quartier où mon hôtel se trouve à Sumbawanga, après avoir fait l’achat d’une délicieuse et rare pomme rouge, que j’ai senti un regard sur moi. En me retournant, je l’aperçois, cette fillette d’à peine 10 ans, souriante, les yeux brillants en ma direction. Nos regards se croisent à peine une fraction de seconde, car aussitôt ses yeux se baissent au sol, son visage caressé par la douceur de son voile jaune; elle est musulmane.

En m’assoyant au sol, près d’elle, je lui offre une partie de ma pomme, qu’elle refuse, mais me pointe de l’offrir à sa plus jeune sœur qui joue dans la boue à ses côtés. Tout au long de ma dégustation, que j’essaie d’étirer au maximum, elle me scrute lorsque je ne la vois pas. Sa curiosité combat ce qu’on lui a enseigné à ne pas faire : fixer un homme du regard.

Je tente ensuite ma chance avec mon lecteur mp3. Je lui tends mes écouteurs en lui faisant comprendre qu’elle peut écouter ma musique. Elle refuse encore une fois. Puis, elle décline même mon célèbre jeu de cartes! J’observe qu’avant chacune de ses interactions avec moi, son regard cherche celui d’un homme assis non loin. Cherche-t-elle son approbation ou sa distraction?

Une fois ma pomme grugée jusqu’au dernier pépin, j’abandonne devant mon impuissance face à ses traditions religieuses. Je la quitte et nous échangeons un dernier regard soutenu du plus beau des sourires.

La religion musulmane me fascine, m’intrigue et me frustre. Tant de potentiel et d’amour étouffés derrière ces voiles. Des femmes de tête, des leaders de demain et des modèles à suivre resteront anonymes à cause de cette coutume. Cette rencontre éphémère m’aura beaucoup apportée. Cette beauté à la peau foncée aura réussi à me troubler et à me blesser. J’ai la conviction qu’un plus profond échange avec ce diamant de vie m’aurait tellement appris et m’aurait changé. Déception. Regret.

Malheureusement, mon opinion est fondée et teintée par mon ignorance; une réaction à la source même du racisme, du sexisme, des préjugés et de plusieurs horreurs de ce monde. Je m’en excuse et promets de me sortir de cette naïveté le plus rapidement possible.

Je suis retourné prendre une photo d’elle, prétextant vouloir tester mon appareil.

La faim

Ici en Tanzanie, je souffre continuellement de la faim car celle-ci présente deux problèmes : elle passe avec le temps et elle disparaît peu importe ce que tu ingères.

Le problème avec la faim c’est qu’avec le temps, elle passe. Tu n’en souffres donc que quelques minutes, ensuite elle disparait et tu te sens mieux; au pire tu as moins d’énergie, mais de quelle énergie as-tu vraiment besoin quand tes journées se résument à rester assise devant ta table à tomates à attendre un client aux deux heures?

Et si jamais tu te décides à manger lorsque la faim se présente, tu avales ce que tu as sous la main, aussi malsain que ça puisse être : boule de pâte frite (« fatball »), triangle de friture avec trois minuscules graines de viandes à l’intérieur (« Mandosi »), canne à sucre (eau sucrée naturellement), beigne, etc. Sinon, tu attendras ton plus copieux repas, sans diversité nutritionnelle, qui sera la même chose qu’hier et que demain : Nsima (pâte à base de cassava ou de maïs) accompagné de fèves et d’une minuscule portion de légumes verts (feuille de citrouille, chou vert ou moringa). Car l’autre problème de la faim, c’est que peu importe ce que tu ingéreras, elle va aussi disparaître.

Ici en Afrique, ça prendrait plus d’éducation pour mieux comprendre les besoins nutritionnels du corps et les apports nutritifs d’une alimentation diversifiée, mais aussi plus de temps pour cuisiner au lieu de s’emparer de la malbouffe vendu dans la rue. Toutefois, ça prendrait avant tout de l’argent et l’argent, on n’en chie pas (encore).

Mais moi, qu’est-ce que j’en sais? Encore qu’ici, en Tanzanie, j’ai la connaissance, le temps et l’argent, je soufre quand même de la faim et d’une mauvaise alimentation à tous les jours.


Provoquer le déséquilibre (Partie 2 de 2)

(Suite) Quand je regarde derrière moi, je ne peux m’empêcher d’être fier de cette aventure aussi édifiante que celle d’Aider Sans Compter. Après sept mois de voyage, de découvertes, de bénévolats, de hauts et de bas, incluant les évènements survenus dans les dernières semaines, je ressens le profond besoin de prendre des décisions courageuses et radicales qui provoqueront un nouveau déséquilibre.

Hier

Aujourd'hui

Malgré toutes les nouvelles limites personnelles que j’aurai repoussées dans les sept derniers mois, je sens aujourd’hui que j’ai atteint un équilibre et une zone de confort prématurés qui m’ont donnés l’impression que j’étais prêt à m’arrêter de voyager et à m’installer à un endroit à plus long terme.

C’est toutefois en étant confronté aux dilemmes des dernières semaines (l’offre d’emploi, la bourse, le retour à la maison et la continuité de mon aventure) que j’ai constaté que j’ai encore de la difficulté à prendre des décisions et que j’ai toujours des réponses à trouver sur mon avenir. J’avoue que je ne saurais pas encore clairement répondre à la question : « Qu’est-ce que tu veux dans la vie Francis? ».

Je suis cependant parvenu à définir une partie de la réponse. J’ai entre autres découvert certains nouveaux ancrages sacrés qui composent ma recette personnelle du bonheur. En plus de devoir côtoyer des enfants sur une base régulière et d’avoir un impact chez les autres, je sais que je dois arrêter de fuir, que je dois créer pour moi et que je dois expérimenter les arts pour être heureux. Pour le peu que ça puisse représenter, je veux trouver ma voie… ma vocation. J’ai beaucoup accompli et expérimenté dans ma vie jusqu’à présent et il ne me reste maintenant qu’à choisir une trajectoire de vie plus claire et plus fidèle à moi-même.

Il faut bien comprendre que je suis loin d’être malheureux. Au contraire, je suis plus heureux que je ne l’aie jamais été. J’ai cependant de la difficulté à comprendre pourquoi et comment. Trouver les réponses à ce genre de grandes questions de la vie se fait sur plusieurs années et nécessite souvent de grandes provocations dans l’équilibre de la vie.

Je vais donc tenter de déclencher un déséquilibre dans mon aventure, ce qui engendra peut-être l’émergence de certaines émotions du cœur. Le genre d’émotions qui contribuent à discerner mes vérités du bonheur.

Demain

Je m’aventure donc en Tanzanie sans aucune réservation et sans aucun plan. J’ai même évité dernièrement toute conversation avec les autres voyageurs sur ce qu’ils ou elles recommandent de faire ou voir dans le pays.

Le seul élément sur ma « liste à faire » est la visite du quartier, de l’ancienne maison et des amis de la famille André pour laquelle j’ai fait du tutorat pendant un an avant mon départ. Je leur ai fait la promesse que je ferais tout en mon possible pour entrer dans le camp de réfugiés où ils ont tous grandi (les cinq enfants, incluant le plus vieux de 17 ans, sont tous nés dans le camp de Nyarugusu).

Pour me permettre de m’éloigner, de me perdre et d’atteindre des régions inaccessibles de cet immense pays, j’ai fait l’achat d’une moto que je revendrai à la fin de mon parcours ainsi que d’une carte papier du pays. J’aimerais pouvoir tourner à droite lorsque tout le monde tourne à gauche.

Au menu : faim, soif, fatigue, coups de soleil, froid pendant les nuits, barrière de la langue, bris mécaniques, crises de larmes, fous rires, rencontres inoubliables, etc.

Je vais souffrir physiquement… je vais guérir émotionnellement.

Il se peut fort bien que cet article soit l’une des dernières nouvelles que vous aurez de moi dans le prochain mois.


Provoquer le déséquilibre (Partie 1 de 2)

Quand je regarde derrière moi, je ne peux m’empêcher d’être fier de cette aventure aussi édifiante que celle d’Aider Sans Compter. Après sept mois de voyage, de découvertes, de bénévolats, de hauts et de bas, incluant les évènements survenus dans les dernières semaines, je ressens le profond besoin de prendre des décisions courageuses et radicales qui provoqueront un nouveau déséquilibre.

Hier

Je suis fier d’avoir eu le courage de prendre une telle décision, d’avoir tout vendu et d’avoir fait le saut dans cette aventure.

Au tout début, l’Afrique du Sud fut une excellente introduction en m’offrant un bel avant-goût de l’Afrique tout en douceur. Cape Town, quoique très européenne, avait une tonne d’activités vacancières à offrir, ce dont j’avais besoin après tant de mois à travailler et à préparer mon voyage. Ensuite, mes deux grandes randonnées, Bulungula et Drakensberg, ont, quant à elles, défié mes capacités physiques. J’étais toutefois encore dans un état d’esprit de voyage limité par le temps. Le genre de voyage que l’ont fait en vacance, avec un billet d’avion de retour.

Le Lesotho est venu à la rescousse de ce rythme devenu malsain pour le type d’aventure à laquelle je m’étais engagé avec moi-même. Ce pays dynastique, si contrastant du pays qui l’entoure, avec ses montagnes vides d’industrialisation, ses paysages d’antan et ses habitants se contentant de vivre une vie qu’ils, comme plusieurs Africains, n’ont pas choisis. J’en garde le souvenir d’avoir accompli si peu en deux mois, sans aucune culpabilité, ce qui n’est pas rien chez moi. Le Lesotho a également répondu à beaucoup de mes questions au sujet de l’amour (de couple), un aspect de ma vie pour lequel j’ai l’aperception d’accumuler échec sur échec. Il m’a aussi permis d’accepter l’absence de ma famille et de mes ami(e)s pendant la période des Fêtes, en m’entourant d’une famille d’accueil intégrante et aimante. Le Lesotho a finalement ralenti ma vitesse de croisière, une nécessité avant de continuer mon chemin vers le nord.

Comme j’avais été au Lesotho plus longtemps que prévu, j’ai pris la décision de me simplement traverser le dispendieux Zimbabwe. Je garde toutefois d’excellents souvenirs de mon safari à vélo dans le parc national de Matopos et de ma locomotion en train vieux de 50 ans. C’est également dans ce pays que j’ai introduit le camping dans mon voyage pour me permettre de mieux improviser mes destinations et de réduire les coûts d’hébergement.

C’est ensuite en Zambie que j’ai rejoint quelqu’un avec qui je prévoyais voyager pendant quelques semaines. J’ai appris de cette expérience que j’ai maintenant des idées plus arrêtées sur ma vision de la vie, du voyage et plus particulièrement du bénévolat. Les règles du bénévolat éthique (voir les règles 1, 2 et 3) font maintenant partie intégrante de ma manière de voyager et il m’est difficile de développer une amitié sincère avec des voyageurs qui n’acceptent pas ou contredisent ces règles. C’est en Zambie que j’ai également eu l’opportunité d’observer une organisation solide (Tikondane) qui, selon moi, ne saura pas survivre à la passation de pouvoir entre la fondatrice et la relève. La Zambie m’avait cependant bien préparé à ce qui m’attendait au Malawi, car, sur papier, les deux pays se ressemblent énormément, mais je garde un ressenti plus froid et impersonnel de la Zambie. Cette dissonance est toutefois fondée sur mes expériences personnelles et j’ai entendu de très belles choses au sujet de la Zambie de la part d’autres voyageurs que j’ai croisés.

En définitive, le Malawi fut mon pays préféré jusqu’à présent. Ce pays extraordinaire correspond sur tous les aspects à la description préconçue que j’avais de l’Afrique avant mon arrivée, mais est quand même parvenu à me surprendre sur plusieurs points. Un beau mélange de simplicité, de pauvreté, de chaleur humaine et de paysage. Son lac couvre 20 % de la surface totale du pays et sa population entière dépend littéralement de cette étendue d’eau douce tant pour la pêche que pour l’irrigation et le nettoyage. Il fait partie du quotidien des Malawiens, comme il a fait partie de mon quotidien pendant les trois mois de mon séjour.

Ce sera au Malawi que j’aurai enseigné l’anglais et que j’aurai monté et présenté une pièce de théâtre sur le VIH avec de fabuleux élèves du primaire. Ce sera aussi ici que j’aurai postulé pour un contrat d’un an comme coordinateur de bénévoles internationaux pour H.E.L.P. Malawi, mais pour lequel je n’aurai pas été choisi. Et ce sera finalement ici que je n’aurai pas été choisi comme gagnant pour la Bourse « Osez l’Aventure » de Frédéric Dion 2017. Cette bourse aurait, oui, été une aide financière précieuse et une belle visibilité dans les médias, mais elle aurait surtout été une belle reconnaissance de grands aventuriers Québécois qui croient en mon projet et qui veulent m’encourager.

Après sept mois de voyage, de découvertes, de bénévolat, de hauts et de bas, incluant les évènements survenus dans les dernières semaines, je ressens le profond besoin de prendre des décisions courageuses et radicales qui provoqueront un nouveau déséquilibre.