Prendre une décision telle que de tout vendre et de partir voyager ne se fait pas du jour au lendemain; c’est un long processus conscient et inconscient. Pendant plusieurs mois, mes rêves me parlaient, me guidaient ou me faisaient douter.

Ce n’était qu’un rêve

Je me rappelle, il y a plus d’un an, lorsque mon projet de voyager sur une longue période n’était qu’un simple souhait, mes nuits étaient quelquefois visitées par des rêves de voyages très flous. Je me réveillais avec une étrange impression d’avoir accompli quelque chose d’important et de marquant dans ma vie, sans toutefois ne savoir quoi. Je sentais que j‘avais besoin d’un changement majeur dans ma vie pour me permettre de trouver certaines réponses. Cependant, ce « besoin » de changement n’était pas nouveau pour moi. Les gens qui me connaissent savent très bien que la biographie de mes 18 à 32 ans pourrait s’intituler « Mes 7 cycles de 2 ans ». À ce moment, je décidai donc d’ignorer ce que me disaient mes rêves.

Après le Ghana, j’ai vécu une période difficile (j’y reviendrai sûrement dans un article ultérieur). J’étais à la recherche d’une raison de continuer à avancer. Je ne parle pas là d’idées suicidaires, loin de là, mais plutôt d’une étincelle qui ramènerait le Francis fonceur et visionnaire. « Frank the tank » comme dirait mon ami Francis (je sais, nous avons le même nom). Un jour, je ne me rappelle pas vraiment quand ou comment, mais je me suis mis à visualiser si, et quand, mon grand voyage pourrait prendre forme. Je savais que la fin du projet pour lequel je travaillais était prévue pour la fin de l’été suivant, mais c’était encore très loin. Je me suis donc dit « On verra… ». Toutefois, vous savez ce que ça fait une graine lancée au fond d’un jardin fertile comme le mien… ça prend tranquillement racine, ça croît et ça revient habiter mon esprit.

Ce n’était qu’un rêve

Le rêve conscient

Un peu plus tard, même s’il n’était encore qu’un concept vague qui faisait des petits dans ma tête, j’ai été confronté à une décision qui allait ouvrir une première porte à mon rêve : le renouvellement de mon bail. Plusieurs mois avant juillet, n’ayant aucune idée de ce qui me réservait le travail en septembre, sans même savoir où je résiderais pendant 2 mois, je devais décider si mon projet était plausible ou utopique.

Lorsque ma décision fut prise de courir le risque, mes rêves se décidèrent à venir hanter mes nuits. Pendant que dans le jour je commençais tranquillement à mettre en place cette idée folle de partir voyager, advenant que mes opportunités professionnelles soient limitées en septembre, la nuit, je cauchemardais d’expériences noires de vagabondage. Je me faisais attaquer, je me perdais, je m’ennuyais trop, je me voyais fermer toutes les portes ou je mourrais, tout simplement. Mon inconscient faisait douter mon conscient.

On dit souvent qu’il faut écouter son inconscient afin de nous aider à prendre de bonnes décisions. Je crois cependant que lorsqu’il s’agit d’un choix crucial tel que celui de tout vendre et de découvrir le monde plus plusieurs mois, les messages de notre inconscient seront, pendant un certain temps, teintés par nos craintes personnelles et notre imagination négative.

Cette période fut heureusement temporelle dans mon cas. Si elle s’était prolongée plus de quelques semaines, j’aurais sûrement mieux fait de résoudre cette impasse et de changer mes plans.

Le rêve conscient

Faire le choix de ne plus rêver

Lorsque ton inconscient négatif lâche prise, tes rêves, tes sentiments, tes idées, tes plans et ton environnement externe s’harmonisent (certains diront que les planètes s’alignent). C’est à ce moment que tu commences à articuler ton projet et à réellement avancer dans une seule direction. Plus tu avances, plus tes idées et tes rêves sont solides. Ce qui au début te faisait douter devient des arguments personnels qui t’aideront à faire face aux doutes, aux craintes et aux contre-arguments des autres; ceux avec qui tu partageras tes intensions. Il y aura TOUJOURS des personnes qui voudront, volontairement ou non, te convaincre de changer d’idée. N’essaie pas de les convaincre, ni même de trop argumenter. Contente-toi de recevoir leur pensée, d’acquiescer légèrement de la tête en disant : « Merci! Je vais tenir compte de ton commentaire », et d’ensuite digérer le tout à tête reposée pour finalement ignorer, ou non, leurs arguments.

Pendant ce temps, entoure-toi de gens positifs et enclins à t’aider. Des gens qui te présenteront quelquefois des limites à tes idées, mais qui t’aideront surtout à trouver des solutions à ces obstacles. Ces alliées sont nécessaires à l’établissement d’un plan solide et à l’accomplissement d’un grand rêve.

Mon projet de voyage et de partage était loin de ce qu’il est maintenant. Il continue de changer encore aujourd’hui (voir l’article « Les plans changent »). Quelques personnes importantes dans ma vie m’ont aidée à adapter mon rêve pour en faire une réalité réaliste. Sans leurs soutiens, leurs encouragements et leurs commentaires constructifs, je serais peut-être encore chezmoi en train de me convaincre que l’Afrique c’est trop chaud, trop pauvre et trop dangereux.

Je tiens à les remercier du plus profond de mon cœur. Ils et elles sauront se reconnaître. MERCI!

Faire le choix de ne plus rêver

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