Mes décisions m'ont forcés à vivre simplement (certains diront pauvrement), avec un faible revenu, mais surtout avec des dépenses au seuil minimal. Ce mode de vie m'a toutefois poussé à une belle réflexion sur la valeur de l'argent. Cinquième article d’une série de six, je vous partage cette vie qui me rend heureux, cette vie qui m’a tenue occupée et celle qui m’a fait rester dans cette magnifique communauté depuis an et demi déjà.

Décision non monétaire

Quand j’ai pris la décision de rester au Malawi pour un an, je ne l’ai pas fait pour des raisons monétaires, loin de là. Je savais très bien, qu’au mieux, je réussirais à ne pas utiliser mes modestes économies le temps de mon séjour. Je savais aussi que pour y arriver, j’apprendrais à réduire mes besoins au minimum et requérir peu pour vivre.

Si vous questionnez les gens autour de vous, ce qu’est le strict minimum pour eux, vous serez surpris de la diversité des réponses que vous obtiendrez. Même chose si vous demandez s’ils sont riches ou non. Personne, ou presque, ne vous répondra « oui ». C’est tout à fait normal, nous nous adaptons à notre environnement et nous fixons nos besoins minimaux selon notre revenu. Nous modelons aussi nos dépenses conformément à nos revenus.

De mon côté, j’ai fait le choix d’une vie tout en simplicité, à faible revenu. L’une des raisons pour laquelle j’étais partie en octobre 2016, c’était parce que j’accordais une importance trop grande à ce que je possédais et que cette composante m’éloignait de mes autres valeurs fondamentales comme l’altruisme, la générosité et l’authenticité. Je me suis donc jeté dans des contextes qui me forcèrent à me simplifier; qui m’obligèrent à trouver mon bonheur dans des choses non matérielles et plus accessibles.

Grâce à cette nouvelle habileté, entre autres, je m’exige moins de dépenses et je m’accorde la liberté de choisir des emplois quelques fois moins bien rémunérés, mais qui me passionnent et qui ont un motif authentique pour moi. Comme celui que j’occupe actuellement et ceux que je chercherai plus tard.

Mes revenus et dépenses sont les suivants (en dollars canadiens):

1re année

De septembre 2017 à 2018, je recevais un salaire mensuel de 115 $ (65,000 kwachas malawiens) et j’avais l’hébergement, les dîners de semaine à l’école et tous les soupers inclus. Toutes les autres dépenses découlaient de mon maigre salaire (déjeuners, repas de fin de semaine, transports, loisirs, sorties, soins, etc.).

Il est aussi important de souligner que Butterfly (l’auberge où j’habitais) offrait ses repas à un prix raisonnable pour des voyageurs de quelques jours, ou pour des bénévoles d’un mois, mais beaucoup trop dispendieux à long terme, pour un salaire réduit comme le mien. Quand tu fais 115 $ par mois, mais qu’un repas t’en coute 7 $, ça n’en prend que 16 et ton budget vient d’éclater. Il m’était aussi impossible de cuisiner ma propre nourriture sur place, sans réfrigérateur ni appareil pour cuire.

De toute façon, en mai 2018, avec mon amitié grandissant avec Alice et ses filles (voir mon article « Ma vie au Malawi | Vie familiale » ), je leurs ai demandé de déménager ensemble dans une maison et de partager moitié-moitié les coûts mensuels:

115 $/mois
Location de maison30 $
Électricité10 $
Eau10 $
Charbon (pour la cuisson)10 $
Nourriture30 $
Autres25 $

2e année

Depuis septembre 2018, je bénéficie d’un salaire de 180 $ (100,000 kwachas malawiens) par mois. Cependant, je me suis prouvé que je pouvais vivre (ou survivre selon certains) avec seulement 115 $. C’est pourquoi j’ai décidé que j’utiliserais tout le surplus pour mieux nourrir Alice, Doreen et Vanessa plus. Elles mangaient en bonne quantité, mais sans aucune variété et avec une carence en certaines vitamines. Le poisson, les feuillages et le Nsima (pâte de maïs) à chaque les repas ce n’est pas suffisant pour combler tous les besoins nutritifs, surtout pour deux fillettes en pleine croissance.

Je n’ai pas plus d’argent au final, mais mes actions me rendent heureux, c’est tout ce qui compte.

À suivre... Ma nourriture

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